mercredi 26 août 2015

Quand la raison supplante la passion

Savoir s'arrêter n'est pas toujours chose facile,  d'ailleurs dans le bus entre Casterino et Tende ma décision n'était pas encore prise. Je cherchais une solution pour pouvoir rejoindre St Martin de Vésubie, l'autre vallée, celle que j'aurais pu rejoindre depuis le refuge de la Madonne de Fenestre, où là j'avais une réservation en bonne et due forme.
Ce qui m'inquiétait un peu, c'était les propos du conducteur du bus m'expliquant que pour changer de vallée, il me faudrait rejoindre d'abord Nice ......
Prenant la mesure des contraintes et grâce à l'aide efficace de Céline, je suis redescendu à Nice et j'avais une chambre d'hôtel pour mon arrivée à 19h30.
Les bulletins météo aidant, confirmés par la pluie à Nice dimanche matin, une seule solution sage demeurait : retour à la maison. La météo orage s'est confirmée sur 3 jours
Même le train du retour le lundi, compliquait  encore un peu les choses. ....

De cette nouvelle expérience sur trois jours en montagne, je retiendrai pas mal de choses.
Le club alpin français a évolué quant aux réservations :
  Si tu as une réservation tu es presque tranquille                                                              
  Si tu n'as pas de réservation il n'y a pas de raison que tu ne sois pas tranquille
  Si tu tombes sur un gardien de refuge compréhensif,  tu as toutes les raisons d'être tranquille
 
TENDE
Si tu tombes sur un gardien de refuge b...... tu as toutes les raisons de ne pas être tranquille
En clair merci au gardien du refuge des Merveilles qui a foutu ma rando en l'air, car il n'avait pas de place étant surbooké (mais sans savoir de combien)....... tout en me fournissant une place ailleurs hors trajet !
Merci surtout au gardien du refuge de Valmasque, qui n'était pas surbooké mais qui le fut ensuite.
Cela étant il me semble que la vallée des Merveilles est devenue un immense jeu financier, où l'accompagnement avec guide ouvre plus de portes.
Il me semble aussi que les gardes de la vallée, si ils ne m'ont pas verbalisé semblent beaucoup  plus soucieux d'un respect des règles concernant les bâtons que de la santé des randonneurs.
En ce qui me concerne mes étapes étaient réfléchies et devaient me mener en 3 jours à raison de 3 à 4h/j de marche à la Madonne de Fenestre;  on remettra ça au printemps. Les gites d'étapes me semblent être plus souples que les refuges CAF dont la soi-disant rigueur de réservation (Logiciel ) est facile à contourner.
Mon sac devant me permettre le bivouac était chargé à 12,8 kg hors boisson. Petite anecdote, il semble qu'il existe pour se ravitailler en eau, à partir d'un brevet français, une bouteille de 0,6 ou 0,75 cl permettant la prise d'eau en tous lieux. A vérifier.
A partir de demain, ce sera au tour de Daniel de partir avec une première étape qui devrait flirter avec les 28 kms  



Du refuge deValmasque au hameau de Casterino, quand la prudence est mère de sureté....

Quel changement entre hier soir et ce matin
6 h30  : ça bouge dans le refuge.
Le lever est calme, je n'ai aucune pression ce matin, la nuit a été tranquille, sans crampes, sans bruit, les boules quies sont une habitude en refuge (n'est ce pas Aline ?) ; certains ont ronflé parait il !
A l'extérieur c'est magique, le soleil matinal transforme la montagne et le lac sombre d'hier soir en un panorama doré sublime.
A quelques mètres du refuge, 2 bouquetins broutent sans aucune appréhension, face à l'agitation de la petite centaine de randonneurs.
Seule une grosse rosée interdit le petit déjeuner dehors, je prends mon temps et laisse déjeuner et partir les randonneurs pressés. Le gérant du gite et ses jeunes auxiliaires répondent calmement à toutes les questions quelquefois répétitives des randonneurs.
Le refuge au centre de la photo
Mon tour viendra dans le calme après les nombreux départs, il en ressort une identité de point de vue entre le gérant et moi sur le fait de descendre dans la vallée plutôt que continuer en reprenant une grosse partie du chemin d'hier avant d'arriver au refuge de Nice où je n'ai toujours pas de réservation effective, la seule réservation ferme que j'ai pu avoir était pour le refuge Madone de Fenestre le 3ème jour, de  plus la situation météo est très aléatoire.
Marmottons et marmotine, à gauche 
Les parents
A 8 h30 je pars pour une longue descente, le crapaud est un peu rechargé.
La descente encore une fois sur un sentier très rocailleux est très rapide du point de vue pente,
les espaces plats ne sont pas légion, je vais donc doucement. De superbes cascades varient le paysage, ainsi que de nombreuse retenues d'eau anciennes cassent la pente du ruisseau. Et c'est l'alpage zone plate, avec le berger,  ses chiens et son troupeau de vaches. Cela manquait à ma rando , un arrêt me permet de profiter de la présence d'une famille de marmottes dont les petits "marmoton et marmotine" détalent comme des lièvres ; plus loin les parents moins stressés surveillent le tout.
La curiosité aidant ils se rapprocheront et seront peut être fixés sur mes photos car je sors délicatement l'appareil en essayant de ne pas les effrayer. J'ai presque rempli mon contrat, car j'avais promis des images aux sctroumpfs Léa et Yoan, seule va me manquer la photo du loup.....
Le chemin est large, long  et on rencontre de plus en plus de randonneurs qui montent. Le téléphone égrenne des messages, j'étais sans connections depuis hier matin.
La marche sera encore longue pour arriver à Casterino et reprendre le bus pour Tende. Le hameau de Casterino est un petit coin de paradis, entre les montages, et un carrefour pour les randonneurs pour plein de courses en montagnes, d'ailleurs les parkings sont plein de voitures dont beaucoups de plaques d'italiennes.

PAPA Marmotte, cliquez sur les photos pour les agrandir  
 Je donnerai des nouvelles rassurantes à Céline,  charge à elle de les faire suivre.
L'arrivé à Tende va me permettre de faire le point sur la suite, voir page 2 à venir
Pour cette étape le crapaud reposé a dit:
Temps de marche 2 h33. Distance 8km. Vitesse 3,1 km/h. 7997 pas
Départ 2233m  Arrivée 1550

mardi 25 août 2015

VENDREDI partie 3 Dur Dur

Toujours dur dur, cool, cache cache story, mon histoire à moi.
Ben il est passé ou?

Détendu et calme j'attaque la descente, très attentif à bien regarder où je mets les pieds, le sentier est bien marqué mais très caillouteux.
J'ai repris mes deux bâtons car ayant franchi le col dit "Baisse de Valmasque", on a quitté l'espace semi concentrationnaire et très "fliqué" de la vallée des Merveilles.
Le troupeau
C'est qui le plus beau ?
En clair, on pourrait dire bêtement que tout est autorisé. Le randonneur est cependant propre car je ne verrai que très peu de déchets trainer ici ou là. Quelques bivouacs, mais peu de rencontres, peu de randonneurs.
Soucieux à ne pas louper la vie des habitants de cette vallée splendide, je m'arrête souvent et là le résultat ne se fait pas attendre. Souvent confondus avec la végétation, j'aurai le plaisir de voir chamois et bouquetins, seuls ou en groupe, voire même de jouer avec un chamois qui s'avance sur le chemin devant moi, disparait pour réapparaitre plus haut, puis derrière moi, joueur l'animal !
Ensuite c'est un troupeau complet de chamois en train de brouter, puis une maman bouquetin et son rejeton et  un autre chamois qui semble m'appeler....... la récompense d'efforts non prévus au départ de cette journée
Quel plaisir cette descente même si le muscle se rappelle de temps en temps à mon bon souvenir.
Les lacs se succèdent, l'environnement est grandiose, le ciel reste menaçant, mais savoir que l'on va arriver rend l'homme léger.
Enfin je vois le refuge trônant au bout du troisième lac et là des indications : refuge de la Valmasque 1/4 h,  ou refuge de la Valmasque 1/2 h.
Bêtement je prends la direction du  refuge de la Valmasque 1/4 h  et je me mords les doigts, trop tard la descente est casse cou sur presque 500 m, bon tant pis on fera avec. Je n'en suis que plus fatigué à l'arrivée, mais je suis bien sur la liste des attendus pour cette nuit, ouf !
Tout au fond, la baisse de Valmasque 


Une bonne douche très revitalisante car glacée me fera le plus grand bien, tout le monde est détendu et échange ses péripéties ou beaux clichés de rando, la nuit sera bonne.
Comme demandé par un supporter le repas du soir sera composé de potage de légumes; excellent (3assiettes) Daniel ne me démentira pas,  de riz et poulet sauce crème et champignons, fromage, compote de pommes et cerise sur le gâteau un sucre imbibé de Génépi fort bon , ou bon et fort comme on veut.
Le chamois blagueur

Bouquetin 
Demain sera un autre jour
La maman bouquetin et sa peluche










VENDREDI partie 2. Dur Dur

De la vallée des Merveilles à la Baisse de Valmasque

De 2111 m à 2549 m

Bon, quand faut y aller, faut y aller .
Il est 11h quand je pars du refuge des Merveilles, la vallée est belle, les couleurs aussi, petit regard en arrière sur le refuge, le lac long, le sentier serpente entre ces lacs et ces énormes éboulis, nous sommes dans une partie de la bibliothèque du passé. mais peu de signes traduisent ces éléments, sinon qq  gravures. (voir photo mais à découvrir avec un livre)
Paroi dite "paroi vitrifiée" témoin de l'importance du glacier
La tension musculaire se fait de plus en plus présente, à l'approche du lac des merveilles je dois crémer et sortir l'Arthrogel ; les bâtons me permettent un soulagement efficace de la jambe gauche (la bonne) et je continue à allure lente ;  de temps en temps des groupes sont arrêtés attentifs aux explications données par les guides "assermentés" du parc.
Ces guides  se taisent à l'approche de l'intrus qui pourrait écouter leurs commentaires, et à qui ils font signe de passer.
Un nouvel arrêt m'oblige a crèmer de nouveau, la tétanisation du quadriceps est totale et bloque ma marche.
Présence de gravures!
Sorti de je ne sais trop où, arrive un garde du parc, bardé de son badge et de jumelles, véritable espion des temps modernes encouragé par le mode prévention et PV.
Ma santé semble peu lui importer, seule compte la présence de mes bâtons et sont ils ferrés ou non ? (j'avais bien lu que les bâtons devaient être munis d'embouts plastiques afin de respecter les codes du parc)  et comble de malchance, un embout plastique était parti, solution, on remballe le bâton.
Il me reste une jambe valide et un bâton  (sourire)
Sommet de la baisse, on vient de là!
La discussion avec le garde, jeune, dans les 20 ans,  est stérile et il repart, certainement pour me surveiller à nouveau et en prenant soin de me dire que je n'arriverais pas au sommet de la Baisse.
Mais c'est sans connaitre Papy et son caractère de chien (ah bon, note de la correctrice !!!!)
Je rencontrerai plus loin une autre jeune garde du mm acabit, qui me dit :  faut aller vite avant l'orage  pfffff !!!!!
J'attaque la Baisse de Valmasque
Pfff content Papy, "y a pu ka", il reste trois lacs avant le refuge
Ce sera 5m par 5m, à travers les rochers, aidé tant par les bras que par les jambes et Papi à 13h40 (horaire confirmé par des petits jeunes plus sympas) arrivera au sommet de la Baisse de Valmasque, lieu dont le nom prend tout son sens quand on découvre la nouvelle vallée qui s'ouvre à soi et ses lacs couleur émeraude. Papi photographie les jeunes, aussi fiers que lui d'être arrivés là et les jeunes prennent également Papi en photo.





Maladroitement le jeune me met du baume au coeur !! ma tétanisation ayant disparu, il me dit "vous cassez pas, à votre age, ça reviendra dans la descente!!!!"
Ce qui me met en rage, c'est d'être monté "la tête dans le sac" sans avoir vu un peu plus bas une maman chamois et son petit à 10 m de moi qui n'ont pas bougé à mon passage et a pu être prise en photo par les jeunes qui me le montrent fièrement. Mais l'heure viendra.
Bon le plus dur semble fait, il n'y a plus qu'à ........ descendre  

VENDREDI, GRANDE JOURNEE. TROP GRANDE JOURNEE...........1

Partie 1

De NEIGE et MERVEILLES vers le refuge Des MERVEILLES

De 1500 m à 2111m.

Départ vers 8h 30, Cool ! Au programme 2 à 3h de marche, le temps est beau, très légèrement nuageux. Comme d'hab, tout commence par une montée courte mais sévère et bétonnée. Ca s'élargit par une belle vallée calme avec pas mal de tentes de scouts ! Un alpage avec ses vaches et un beau chemin suivent le cours de la rivière. Beaucoup de Mélèzes avec ces formes torturées que j'aime bien. Le sentier traverse la vallée et rejoint un chemin caillouteux, large et à la montée constante, il y a peu de monde. Les images sont splendides et toujours ces interrogations en montagne, mais par où va t'on passer ?
A un virage, un petit refuge fermé propose quand même de l'eau à sa fontaine ; juste derrière, une pancarte propose le refuge des merveilles par le sentier ou le chemin, je reste raisonnable et garde le chemin. Il fait chaud, cela me semble long et je m'arrête de temps en temps pour admirer la vue, boire et manger quelques céréales.
Vers 10 h j'arrive au début du plateau, j'y vois un 4X4 pour des bergers.....
Plus loin une pancarte de vente de fromages de chèvre, mais surtout une floraison de panneaux indiquant l'entrée dans la sacro sainte Vallées des Merveilles.
Les panneaux fixent les interdits : il y en a pas mal. Mon objectif est presque atteint, je rappelle que mon but est le refuge des merveilles et à partir de là, se balader cool dans la vallée pour en goûter sa beauté et ses particularités, à savoir les gravures rupestres datées de plus de 10 000 ans.
Une demi heure plus tard je suis devant le refuge des merveilles.  Là, soudain tout se gâte, l'accueil est franchement limite, effectivement, le logiciel de réservation des places ne m'a pas pris en considération et de plus les gardiens me disant avoir déjà un surnombre (non précisé) de personnes à héberger, refusent de m'accepter. Inutile de m'expliquer quoi que ce soit : c'est comme ça !
Que faire ?  Je ne me sentais pas les moyens de rejoindre le refuge suivant sur mon trajet pour m'entendre dire la même chose.
En discutant avec un jeune vacataire du refuge,  il m'informe que le refuge de VALMASQUE a de la place (il n'est pas géré par le même logiciel ???),  je reviens à la charge souhaitant avoir une certitude. Après un contact radio et l'examen de ma carte je retiens cette option qui peut m'assurer une nuit à l'abri, sachant que les orages menacent les soirs et que le bivouac est interdit dans cette vallée.
Mais nuit à l'abri nécessite au bas mot 4h à 4h30 de marche supplémentaire et les premiers tiraillements musculaires se sont déjà fait sentir. Donc longue pause, boisson, céréales, pâtes de fruits et massages, tout cela me redonne des forces.
Arrivée sur le plateau de la vallée des merveilles
Le crapaud dont on reparlera donnait pour cette partie d'étape. 
Temps de marche 2h29 Distance 7,68 km Vitesse 3,1 km/h Dénivelé positive 600m;





A l'IMPOSSIBLE ............, où quand tout s'enchaîne mal

Des aventures il faut savoir en conserver le bon et le beau. Du beau et du bon il y en a eu.
Commençons par ce jeudi 20 aout. REVEIL TRES MATINAL à  6 h pour les schtroumpfs, on les installe en pyjama et robe de chambre dans la voiture pour accompagner Papy à la gare.
LEA fait de gros adieux depuis la voiture, Titou somnole encore. Au retour Léa dormira jusqu'à 11h et Titou aidera Mamy à ranger la maison.
Le trajet en train est long mais agréable avec la proximité  de la mer et des plages presque désertes, ça  sent la fin des vacances.
Chambre coté torrent
Arrivée  à Nice, grosse chaleur, recherche de casse croûte et direction le train des Merveilles. Petite rame assez classique, mais logottée "Merveilles" et c'est parti. Les vues sont superbes, la rame monte agréablement et propose de magnifiques vues des villages accrochés  au parois rocheuse. Pour réduire la difficulté  des rampes d'accès, le train enchaine des tunnels hélicoïdaux......prenant ainsi de l'altitude facilement et sortant au dessus de l'endroit ou il est rentré.
L'arrivée à Tende est ponctuelle et la liaison bus prévue est là.
Je viens de passer en un peu plus d'une heure de la mer à la montagne.
La Minière
Sympa le chauffeur m'arrête au lac des Mesches 1380 m. De là je rejoins le premier gite prévu au refuge style colo de "Neige et Merveilles".
Accueil sympa sans plus, mais chambre seule, côté  torrent' donc boules quies.
La montée
depuis le lac de Mesches s'est faite sur un chemin bétonné  assez hard qui sollicite déjà fortement les jambes. Repas léger douche et dodo. Demain sera un autre jour




samedi 22 août 2015

Samedi 22 août - La vallée des Merveilles ...... Nice

Jean-François me téléphone de Nice : il abandonne.
Longue communication où il me raconte sa mésaventure.

- problèmes physiques (quadriceps)
- problèmes de communication (SMS envoyés et non reçus)
- problèmes d'accueil dans les refuges ...... etc

Dès son retour, il vous racontera dans cette page ses 3 jours de randonnées dans la Vallée des Merveilles!!!!

Bernard le routeur